Billet d'humeur: Il était une fois la jeunesse française

Jeudi 22 octobre, près de 300 lycéens bloquent les lycées à Aix en Provence. Des classes moins surchargées, plus de sécurité: « revendiquer leurs droits », voilà ce que veulent les minots. Alors ils brûlent des poubelles et s’époumonent en cœur, avec dans leurs têtes, l’image de leurs aînés, dresseurs de barricades au départ de la Sorbonne 40 ans plus tôt.  A l’époque, l'Université s’était faite l’emblème d’une jeunesse en révolte pour sa liberté. Aujourd’hui, on y fait redoubler un fils de président. Le petit Jean doit repasser sa 2ème année de licence en droit alors qu’il se sent déjà prêt à prendre les rênes de l’EPAD,  le 04 décembre prochain : drôle de cadeau de Noël de la part d’un papa qui vante la réussite, le mérite et la prise de risque dans sa réforme des lycées.  Allez, courage ! On y arrivera tous, et par tous les moyens. Après le piston dans la capitale, la triche en province.  Le phénomène ne date pas d’hier à Toulon où le « made in China » concurrence désormais la bonne vieille antisèche. Cela vaut bien un prix, une action en Justice ou pourquoi pas un Trophée de l’étudiant. En partenariat avec La Provence et NRJ, le groupe l’Etudiant propose de récompenser le dynamisme et l’audace de certaines associations étudiantes. Premier prix : 1000 euros pour celui ou celle qui osera combattre un CRS ou boucher les tuyaux de canalisation le jour d’un grand concours.  Et après on refuse de parler de jeunesse à problèmes. Ces vilains étudiants sont peut être ces anciens gamins de 13 ans, en quête de sens, qu’Hortefeux voudrait désormais ficher dans de nouvelles bases de données policières pour mieux connaître, dit-il, cette forme de délinquance.

« J’avais 20 ans, je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie !» : trois quart de siècle plus tard, Nizan a toujours raison!…  Il était une fois la jeunesse française...

Marie Monier

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