La zizanie à Radio Zinzine

Il est 20h, rue de la Molle à Aix en Provence, et les principaux membres d’Aix Ensemble,les animateurs de la radio accompagnés de quelques bénévoles sont déjà tous assis autour de la table. Des bières, des pizzas, on laisse même éclater quelques rires, mais la chaleur est épaisse et l’ambiance fumeuse à Zinzine.
En effet, cette radio « indépendante, associative et libertaire », crée en 1998 à l’initiative de l’association Aix ensemble, s’est vu supprimer, depuis septembre dernier, toutes ses subventions. Pourtant,  depuis 6 ans, le Conseil Général des Bouches du Rhône avait mis à disposition des locaux et permis à la radio d’avoir les fonds nécessaires à son bon fonctionnement.  Un premier ultimatum a été lancé à l’association, leur intimant de quitter leur local le 14 octobre ; puis a été finalement reporté au 21. Face à l’urgence, tous contestent l’absence de discussions, et le manque d’informations : Si le dialogue reste bloqué, « plus de locaux, donc plus de radio ».
Radio Zinzine relayée à Aix, mais également à Forcalquier, Gap, Manosque, Digne, Sisteron… figure parmi les « relais » locaux de l’expression culturelle et sociale. Ce caractère associatif et indépendant est pour beaucoup dans la qualité de la programmation (musique, débats, micro – trottoirs,…) à une époque où les médias doivent se soumettent trop obligeamment aux exigences du « chiffre » et de l’audimat.  
Pendant qu'on fixe la date d'une conférence de presse, une pétition de soutien est déjà sur internet, des tracts sont distribués dans toute la ville et la radio diffuse 24H/24H en signe de résistance: "Est ce que ces subventions ont été un gaspillage public pour une radio fantaisiste?", c'est la question qui est posée dans une lettre ouverte au Conseil Général.

 
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On s'étonne cependant qu'un Conseil Général à majorité PS organise la mise la mort d'une radio locale (François Mitterrand se retourne sans doute dans sa tombe), contagion sans doute d'un mouvement général qui voit le Ministère de la Culture soutenir les uns et délaisser les autres: 
A l’heure où un Ministre de la Culture soutient un violeur célèbre laissant crever de faim un directeur de théâtre à Marseille, on est face désormais à la mise à mort d’une radio locale : c’est peut être cela, la crise de culture.

Marie Monier

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