Premier stage de journalisme à Radio France. Ca part du bon pied. Une vingtaine de jours passés à la radio, avec reportage tous les jours, c’est crevant. D’autant plus que la rédaction est assez « pro » dans ses pratiques. Il y a une certaine exigence, pas de flottement possible, pas de retard possible. Partir le matin en voiture, à Marseille par exemple, pour interviewer des bénévoles à l’hôpital, ou encore rencontrer M. le Maire de Marseille. Bon après, beaucoup de micro-trottoir, quelques conférences de presse, et bien sûr, les marronniers. Noël, le jour de l’an, les cadeaux etc. Impossible d’y couper. C’est fatiguant. C’est dur. C’est du travail. Un reporter de terrain, équipé de son célèbre « Nagra », n’est pas en vacances. Il existe un décalage énorme entre l’idée que l’on se fait du métier avant, et après le stage. Les idées sont belles, toutes rondes, policées. La réalité est faite d’efforts, de persévérance, de volontarisme, d’arrêtes. Car dans la rédaction, ils n’ont pas besoin de vous. Sauf si vous devenez productif. Bientôt, vos rêves d’éditoriaux glorieux se transforment en une amère taylorisation de votre production de micro-trottoir et autres interviews.
Que croyez-vous ! Vous n’êtes que stagiaire ! Mais rassurez-vous, plus c’est dur, plus la satisfaction au bout est grande. Entendre tous les jours ses reportages diffusés à la radio est gratifiant. C’est là qu’on se dit enfin : « Je peux le faire. ».
G.A.