Une Femme à Berlin

18-01-2011

une femme à Berlin

Adaptation de l’autobiographie, la pièce de théâtre Une femme à Berlin repose essentiellement sur la magnifique interprétation d’Isabelle Carré. Quant à Swann Arlaud, il interprète tous les hommes de l’histoire, du mari à l’ennemi.

 

La mise en scène de Tatiana Vialle choisit d’intérioriser la violence subie par le personnage. La narratrice, comme désincarnée de tout ce qui lui est arrivé, raconte à son mari la chute de Berlin et ce qu’elle a vécu entre le 20 avril et le 22 juin 1945. Il finit par s’en aller, écœuré devant tant d’impudeur, mais elle ne peut s’empêcher de continuer son récit.

 

Elle raconte les viols qu’elle a subis, la difficulté à trouver de la nourriture, la perte d’humanité de ses congénères. Elle parle comme s’il s’agissait d’une autre personne. Elle va jusqu’à trouver des excuses à ses bourreaux, cherche un officier ennemi à héberger pour protéger la maison des pillards et éviter de nouveaux viols. Elle va éprouver des sentiments pour lui et se met à paniquer lorsqu’il part sans la prévenir et se fait remplacer dans la maison par un autre officier. Elle ne se culpabilise pas, elle évoque souvent la soif de vivre qui l’anime et qui l’empêche de sombrer. Pendant cette période, elle n’a cherché qu’une chose : « à survivre, absurdement comme une bête. »

 

Bérangère Collin

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