The Lady : Histoire d’une femme hors du commun

16-12-2011

the lady

The Lady, c’est avant tout l’histoire d’une femme birmane au destin hors du commun : Aung San Suu Kyi.

Fille d’un fervent défenseur de la démocratie assassiné en 1947 –quelques mois avant l’indépendance de la Birmanie–, partie étudier au Royaume Uni puis aux Etats-Unis, Aung San Suu Kyi s’éloigne de son pays d’origine et s’installe à Londres. De retour dans son pays en 1988 afin de s’occuper de sa mère souffrante, elle fonde –en réponse à la prise du pouvoir par la junte militaire– la Ligue nationale pour la Démocratie (LND) en septembre 1988, avant d’être rapidement propulsée sur le devant de la scène en devenant première secrétaire de son parti.

La suite, on la connaît : une arrestation en 1989, une victoire aux élections législatives (avec 58,7% des voix) l’année suivante, une annulation des résultats, plusieurs passages par la case « prison » et des mois passés en résidence surveillée. Mais toujours, malgré le cours des évènements, Suu Kyi mène un combat : celui de la démocratie, à tout prix.

Isolée à l’autre bout du monde, elle pourra compter, tout au long de sa lutte, sur le soutien indéfectible de son mari Michael Aris, universitaire spécialiste de la culture asiatique. C’est cette relation hors du commun que Luc Besson a filmé et mis en lumière. Une histoire tourmentée entre deux êtres qui s’aiment mais ne peuvent se retrouver… Pour rien au monde ils ne s’oublieront. L’une, malmenée par la junte militaire, occupe tant bien que mal la scène politique birmane ; l’autre, depuis la Grande-Bretagne se bat pour la médiatisation et la reconnaissance du combat de son épouse.

Croire en la possibilité de renverser un régime autoritaire à force de pacifisme nécessite certainement une part d’idéalisme ; à défaut d’utopisme, Aung San Suu Kyi et Michael Aris sont convaincus de leur entreprise. Sur le terrain, leur conviction aura permis à la « Dame de Rangoon » d’obtenir un fort soutien international, matérialisé par le prix Sakharov en 1990 et le prix Nobel de la paix en 1991, et –plus récemment– une amélioration lente, mais progressive du régime birman.

Dans ce nouveau long-métrage de Luc Besson, loin des habituelles productions à gros budget du réalisateur français, soulignons la belle prestation de Michelle Yeoh. L’actrice malaisienne, à l’initiative du projet, incarne à merveille « the Lady », à la fois mère au grand cœur et femme politique intransigeante. Au prix d’un important travail (apprentissage du birman, perte de 6 kilos), elle est parvenue à donner vit à une Aung San Suu Kyi plus vraie que nature. Un rôle véritablement taillé sur mesure, qu’elle définit comme « le rôle de [sa] vie »…

Sylvain Moreau

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