Raw World Tour à l’Arena de Montpellier

10-12-2010

catch montpellier

20 heures pétantes. « Burn it to the ground » de Nickelback retentit dans l’arène et marque le début de 2h30 de show musclé et athlétique.

La WWE  (World Wrestling Entertainment, la plus importante fédération américaine de catch) est en France pour quelques dates dans le cadre de sa tournée mondiale et c’est à Montpellier que tout fan se devait d’être le 4 novembre.

 

Quelques précisions s’imposent.

Le catch est un sport-spectacle, l’interaction avec le public et le jeu avec les spectateurs est à la base de tout.

On oppose de manière caricaturale deux catégories de catcheurs : le Heel, le « méchant » et le Face ou Babyface, le « gentil ». Le public doit immédiatement pouvoir identifier, à son attitude ou à son apparence, à quelle catégorie appartient chaque catcheur.

Le Heel est un personnage trompeur que la foule prend plaisir à huer et à détester.

Il remporte ses victoires en trichant (souvent grâce à l’intervention de ses alliés), il attaque le Face dans les coulisses voire chez lui ou à l'hôpital , il insulte et provoque les fans, il attaque également le personnel non-catcheur.

Les grands types de Heel sont le fou, le traitre, le délinquant, l’égoïste.

Le Face ou Babyface est un catcheur apprécié par la foule. Courageux et loyal, il est attaché au respect des règles.

Le patriote, l’indestructible, l’original (il fait rire le public grâce à ses facéties et irrite les catcheurs heels) sont les principaux gimmicks des Face.

On est finalement assez proche d’un combat de gladiateurs : les combats ont lieu dans une arène et le public choisit qui encourager et qui sacrifier.

 

Un match de catch se remporte principalement par tombé ou soumission.

Le tombé (pinfall) consiste à river au sol les épaules de son adversaire pendant un compte de trois effectué par l'arbitre. Le plaquage des épaules doit avoir lieu sur le ring.                                                          Le compte est cassé si le catcheur plaqué au sol arrive à relever l'une de ses épaules, ou touche les cordes du ring. Dans ce cas, le match continu.

La soumission consiste à faire abandonner son adversaire en lui portant une prise dont il ne peut pas se dégager. La catcheur signifie son abandon en tapant de la main sur le ring.

 

Il existe une multitude de stipulations et de types de matches. On retiendra les plus courantes et celles observées ce soir : le match un contre un, le tag team match ou match par équipe (il oppose deux équipes de deux catcheurs. Le tag désigne le changement effectué au cours du match : le catcheur sur le ring doit toucher son équipier pour prendre sa place sur le ring) et le triple threat match ( trois catcheurs sont présents sur le ring, chacun combat de manière individuelle et  cherche à l’emporter par tombé ou soumission).

 

Chaque catcheur a une « prise de finition » qui lui assure la victoire à coup sûr en mettant son adversaire KO.

 

Maintenant que les notions de base ont été précisées, il est temps de s’intéresser à la soirée en elle-même.

Elle a débuté par un combat entre Ted Dibiase et Goldust. Ce combat d’ouverture n’avait rien de marquant et Goldust l’a emporté sans trop de difficulté.

Le tag team match qui a suivi été destiné à  « chauffer le public » : il opposait les frères Uso à deux des représentants européens au sein de la WWE, le clown italien Santino Marella et l’armoire à glace russe Vladimir Kozlov, sans doute l’équipe la plus atypique et la plus complémentaire de la fédération.

Ces derniers ont gagné le match après avoir effectué quelques pas de danse à la plus grande joie du public.

Le troisième combat était la blague de la soirée : Zack Ryder affrontait Ezekiel Jackson, un monstre de près de 130 kilos. Sans surprise, Jackson n’a fait qu’un bouchée de son adversaire dans une rencontre qui aura duré moins de 10 secondes.

 

Les choses sérieuses ont vraiment commencé avec un triple threat match  pour le titre des USA entre William Regal, R-Truth et le tenant du titre Daniel Bryan.

Notons que le thème d’entrée de Bryan est « la chevauchée des Walkyrie » de Wagner, preuve qu’on peut concilier culture et divertissement à grand spectacle.

Bryan et R-Truth se sont d’abord alliés pour éliminer Regal. Bryan a ensuite fait le tombé sur ce partenaire providentiel, ce qui lui a permis de  conserver son titre.

 

Le match qui a suivi avait des airs de Main Event (le combat final d’un show de catch) : le deuxième match de championnat de la soirée opposait Wade Barret à Randy Orton, actuel champion de la fédération,  pour le titre de la WWE.

Avant le combat, Barret s’est exprimé et a insulté le public en français s’il vous plait.

Le public était en transe lors de l’entrée de « la vipère » Randy Orton sur «Voices » de Rev Theory.

Au cours du match, Orton est projeté sur l’arbitre qui s’écroule KO sur le bord du ring. Sans arbitre, pas de fin de match et donc pas d’éventuel changement de titre.

John Cena  est alors arrivé en tant que « special referee » (arbitre spécial) sous les acclamations de la foule  pour que le match puisse être mené à terme.

Ce rebondissement s’inscrit dans une histoire qui tient les fans en haleine depuis de nombreuses semaines : après avoir perdu un match, Cena s’est vu contraint de rejoindre la Nexus, gang mené par Wade Barret et qui sème le chaos au sein de la WWE. Il doit depuis suivre ses ordres sous peine d’être renvoyé de la fédération.

Victoire de Randy Orton qui conserve son titre après avoir porté son RKO sur Barret.

 

Le combat suivant était un match de divas (catcheuses féminines), un tag team match entre les Bella Twins et l’équipe composée de Maryse et d’Alicia Fox.

Les jumelles sont connues pour échanger leur place au cours des combats. Quand l’une est en difficulté, l’autre profite de l’inattention de l’arbitre pour monter sur le ring à sa place et ainsi remporter le combat.

C’est ce qui s’est passé ce soir et les Bella Twins l’ont emporté.

 

L’avant dernier match de la soirée était un combat d’anthologie entre le Guerrier Celte, Sheamus,  et le Délice du vendredi soir (sans commentaire…), John Morrison.

La rencontre entre le style presque barbare de Sheamus et les prises aériennes de Morrison, catcheur qualifié de « voltigeur », était explosive.

Mais les sauts de Morrison n’ont pas suffi et la victoire de Sheamus était indiscutable.

 

Et puis l’heure du main event est arrivée.

John Cena, sans doute le catcheur le plus populaire de la fédération, affronte The Miz, Mister Money in the Bank 2010. Depuis qu’il a  remporté un combat spécifique en juillet, ce dernier ne se déplace jamais sans une mallette contenant un contrat qui lui donne le droit d’affronter le champion de son choix pendant un an.

Ce match n’était pas le plus intéressant de la soirée puisque la victoire de Cena était évidente.

Mais le petit clin d’œil qui a suivi rattrape tout : Cena est ensuite monté sur les cordes en brandissant un drapeau français tendu par un spectateur.

 

Le bilan de la soirée est  plus que positif : si on a pu regretter le manque d’ambiance par moment (la salle n’était pas entièrement remplie), l’affiche du show était exceptionnelle et a donné lieu à quelques combats épiques. 

Et puis assister à un show de tradition américaine, avec tout ce que cela implique au niveau de la mise en scène et de la logistique reste une expérience à vivre au moins une fois.

 

Bénédicte de Montvallon

 

 

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