Jean Christophe Grangé, un « Passager » à Aix-en-Provence

16-12-2011

grangé

Vendredi 2 décembre, la librairie Goulard d’Aix-en-Provence était en ébullition, ou presque. Les passants du cours Mirabeau pouvaient apercevoir, derrière la vitrine, une file de femmes de tout âge papotant qui attendaient l’arrivée de leur « star ». Et non ce n’était pas Justin Bieber qui retenait l’attention de ces dames, mais bien Jean-Christophe Grangé, maitre du polar à la française. Qui ça ? Voyons, un petit effort. Tout le monde a entendu parler des Rivières pourpres, nombreux sont ceux qui ont vu L’Empire des Loups ou le Concile de Pierre au grand écran. Le point commun entre ces trois films ? La prestation de Jean Reno certes, mais aussi et surtout celui qui se cache derrière le scénario originel, M. Jean-Christophe Grangé. D’ailleurs, soyons honnêtes, les adaptations cinématographiques, aussi bien ficelées qu’elles soient, n’arrivent pas à la cheville de ses romans. Ames sensibles s’abstenir. Ceux qui se risquent à plonger au cœur des histoires labyrinthiques « à la Grangé » n’en ressortent pas indemnes. Les scènes de cadavres putréfiés, de tortures insoutenables sont des ressorts récurrents sous la plume de l’auteur qui ne manque pas d’imagination pour  décrire la noirceur de l’âme humaine. Une attraction pour le mal qui semble plus proche de la catharsis que de la complaisance, dans la mesure où le romancier avoue « n’avoir jamais pu digérer la violence des hommes ».

Un reporter converti

La formation de journaliste a été un atout considérable pour l’auteur qui « s’inspire largement de ses reportages pour écrire la trame de ses romans ». Dès lors, ses livres sont autant des thrillers que des ouvrages historiques analysant les dictatures et scandales fondateurs de l’histoire du XXe siècle. Bien qu’il n’exerce plus ce métier, Jean Christophe Grangé n’a rien perdu de son approche de reporter. Le sens de l’observation, les techniques d’investigation, les démarches sur le terrain lui permettent de conserver un lien entre ses deux passions. Tout au long de l’élaboration de ses romans, il part, valise en main, suivre le parcours de ses personnages dans les coins reculés d’Argentine, dans les forêts mystérieuses de Thailande ou d’Afrique. Pour Le Passager, il a même arpenté les couloirs de l’Institut psychiatrique Charles Perrens de Bordeaux. Malgré son amour pour le journalisme, l’écrivain a une opinion morose sur un métier qu’il considère comme « une profession de jeunes, qui demande beaucoup d’énergie et de sacrifices ». Une plume d’écrivain, des méthodes de reporter, Grangé nous apporte la preuve que les journalistes ne sont peut-être pas des écrivains ratés mais des romanciers en devenir.

Axelle Béraud

Revenir