« Toutes nos envies » : toutes ses envies

02-12-2011

toutes nos envies

A Lyon, Claire jeune juge, mariée et mère de deux enfants, lors d’une séance au tribunal se retrouve face à la mère d’une des amies d’école de sa fille. Surendettée, cette dernière n’a plus les moyens de rembourser ses nombreux crédits. Dessaisie de l’affaire pour proximité avec l’accusée, Claire prend contact avec un autre juge, Stéphane, spécialisé dans les affaires de surendettement. A eux deux, ils vont chercher à dénoncer les clauses rédigées en lettres minuscules sur les publicités d’agences de crédit afin d’aider les familles surendettées.

Voilà comment est présenté « Toutes nos envies », de Philippe Lioret, lors des journaux télévisés, dans les résumés des magazines spécialisés. Les bandes annonces soulèvent à peine la maladie.

Le surendettement ou la maladie ?

Le film ne semble pas savoir sur quel pied danser. Vendu au public principalement comme une critique de la mainmise des sociétés de crédit et du surendettement subi par de plus en plus de Français, il se résume surtout au combat contre le cancer de Claire, la jeune juge jouée par Marie Gillain. Si vous allez voir le film en pensant assister au combat acharné des deux juges, vous serez déçus. L’histoire de surendettement n’est qu’un prétexte, il montre surtout l’urgence de Claire à résoudre l’affaire avant de mourir.

Atteinte d’une tumeur au cerveau inopérable, Claire refuse les soins et bientôt la maladie l’empêche de mener à bien son premier combat. Le deuxième, lui, est perdu d’avance, tout le monde le sait, elle la première. Et l’on assiste alors à la dégradation de son état et à son envie de vivre malgré tout. Marie Gillain porte le film sur ses épaules qui semblent bien frêles. L’importance de la maladie et de ses symptômes la poussent parfois à en faire trop. A cela, il faut rajouter un texte parfois faible, à la limite du risible (les scènes finales à l’hôpital).

Vincent Lindon, quant à lui, interprète Stéphane, qui de simple collègue de travail, devient un ami, un soutien. La justesse de son jeu, sa sobriété, le calme de son personnage nous fait regretter qu’il n’ait pas une place plus importante dans le film. Seul son personnage reflète véritablement le combat contre les manipulations des sociétés de crédit.

On sort de la salle avec un sentiment mitigé. Le film est une véritable leçon de vie certes, mais messieurs les attachés de presse, évitez la prochaine fois de parler d’un film dénonçant un fait de société, quand il s’agit d’un « simple » morceau de vie. 

Mélanie Poquet

Revenir